Avec la permission de la FAPEL
 

RESTRICTIONS À LA CONDUITE DES BATEAUX

Le règlement municipal de Saint-Sauveur contesté devant les tribunaux!


Au moment de l'adoption de la loi 106, cette
loi bidon que le gouvernement du Québec a adoptée pour modifier le Code municipal et la Loi sur les cités et villes et donner aux municipalités le pouvoir de réduire la vitesse des bateaux en bordure des lacs, la FAPEL mettait immédiatement les villégiateurs en garde contre cette loi qui allait non seulement créer de la confusion chez les villégiateurs, mais qui risquait d'être rapidement contestée, de sorte que les restrictions adoptées seraient éventuellement déclarées inconstitutionnelles. Rappelons que la navigation relève clairement de la juridiction du gouvernement fédéral.

La position de la FAPEL est simple: tenez-vous-en au Règlement sur les restrictions à la conduite des bateaux, sans quoi vous risquez de vous ramasser Gros-Jean comme devant, et forcés de reprendre vos démarches dans le cadre du Règlement sur les restrictions à la conduite des bateaux. Pas une mince affaire! Et c'est ce qui est en train de se produire!

Cette fois-ci, c'est de Saint-Sauveur (lac des Becs-Scies), dans les Laurentides, qu'une requête pour jugement déclaratoire a été adressée par un citoyen à la Cour supérieure. Le citoyen soumet que les nouvelles dispositions donnant aux municipalités le pouvoir de réglementer la vitesse des embarcations sont nulles et ultra vires des pouvoirs de l'Assemblée Nationale du Québec, en ce qu'elles ont pour objet de légiférer sur la navigation, un domaine relevant de la compétence exclusive du Parlement du Canada.

Dans sa requête, le demandeur ne manque pas de rappeler que, dans la cause de Saint-Denis-de-Brompton (lac Montjoie), la Cour d'appel du Québec avait créé une jurisprudence en déclarant, à l'unanimité des trois juges, que le pouvoir des municipalités de prohiber ou réglementer les embarcations motorisées sur leur territoire était bel et bien inconstitutionnel parce qu'accordé par les autorités provinciales, qui n'en avaient pas la responsabilité au départ.

Pour la FAPEL, la requête à laquelle Saint-Sauveur fait face aujourd'hui, fait de nouveau la preuve que tout est un éternel recommencement au Québec! Rappelons que la FAPEL a toujours pris position en faveur du Règlement fédéral sur les restrictions à la conduite des bateaux. Pourquoi? Pour trois raisons:

  • Parce que le gouvernement du Québec n'a jamais démontré, qu'il était prêt à placer la qualité de l'environnement et la paix des citoyens au-dessus de l'industrie de la pétarade qu'il s'agisse de motoneiges, de VTT ou de motomarines. Sa nouvelle intrusion dans le domaine des restrictions à la conduite des bateaux sent fort la recherche d'une nouvelle chicane fédérale-provinciale, puisque le Règlement sur les restrictions à la conduite des bateaux autorise déjà les restrictions de vitesse en bordure des lacs.   

  • Parce que les pouvoirs accordés aux municipalités par la loi 106 ne concernent que la réduction de la vitesse sur une bande de 50 mètres ou moins de toute rive d'un lac ou cours d'eau. Aucune autre restriction! Pourtant, avec le Règlement sur les restrictions à la conduite des bateaux, les villégiateurs ont toutes sortes de façons à leur disposition pour stopper les excès et assurer la sécurité sur leur lac. Entre autres, ce Règlement ne se limite pas à une bande de 50 mètres ou moins à vitesse réduite. Les villégiateurs sont libres de choisir une bande supérieure à 50 mètres: 60 mètres, par exemple, ou 75 mètres ou 100 mètres ou même plus.

  • Parce que la FAPEL croit que, pour être efficace, la réglementation sur la conduite des bateaux doit émaner d'une seule autorité. Depuis la loi 106, on peut, sur un même lac, trouver des restrictions édictées en vertu du Règlement sur les restrictions à la conduite des bateaux ou en vertu du Code municipal ou de la Loi sur les cités et villes. Deux juridictions! Deux autorités différentes! Un véritable capharnaüm!

Si votre municipalité a adopté un règlement semblable à celui de Saint-Sauveur en vertu de la loi 106, vous risquez fort de voir votre règlement prendre le fossé de l'inconstitutionnalité!